Les supercars du moment selon Jules7

La supercar n’a jamais été aussi difficile à définir. Aux traditionnels coupés à moteur thermique s’ajoutent désormais des hybrides de plus de 900 ch, des berlines électriques capables d’accélérations fulgurantes, des breaks familiaux aux performances de sportives et même des 4×4 de près de trois tonnes capables de rivaliser avec une Alpine en ligne droite. Une diversité qui témoigne d’une époque automobile en pleine mutation. Jules7 a sélectionné les machines qui incarnent le mieux cette nouvelle vision de la performance.

L’hybridation entre dans une nouvelle dimension

La disparition du V10 atmosphérique de la Huracán aurait pu laisser un grand vide chez Lamborghini. La Temerario se charge de le combler avec une recette radicalement différente : un V8 biturbo associé à trois moteurs électriques, pour une puissance totale de 920 ch. Le 0 à 100 km/h est expédié en 2,7 secondes, mais le plus spectaculaire est peut-être ailleurs : son V8 peut atteindre 10.000 tr/min. La petite Lamborghini a changé d’instrument, pas de tempérament.

La Porsche 911 Carrera GTS Cabriolet adopte une électrification plus discrète. Son système T-Hybrid permet notamment d’améliorer la réactivité du flat-six de 3,6 litres. Avec 541 ch et 610 Nm, cette GTS cherche moins la démonstration que l’efficacité. Une 911 capable de tout faire, y compris voyager cheveux au vent.

Ferrari prend une autre direction avec l’Amalfi. Son V8 biturbo développe 640 ch, mais la nouvelle GT italienne ne cherche pas la brutalité d’une 296 ou la démesure d’une SF90. Berlinetta 2+ à moteur central avant, elle renoue avec une certaine idée du grand tourisme : traverser les continents rapidement, mais toujours avec élégance.

Le thermique n’a pas dit son dernier mot

Face à cette électrification galopante, quelques sportives continuent de célébrer la mécanique traditionnelle. L’Alpine A110 GTS rappelle que la puissance ne fait pas tout. Avec 300 ch pour seulement 1.033 kg, elle privilégie la légèreté et la cohérence. Cette version réunit le caractère de l’A110 S et la polyvalence de la GT, comme un dernier hommage avant le passage d’Alpine à une nouvelle ère.

L’Aston Martin Vantage S joue quant à elle la carte du muscle. Son V8 biturbo développe 680 ch et 800 Nm, associés à un châssis retravaillé et à 111 kg d’appui aérodynamique supplémentaire. Toujours élégante, mais désormais nettement plus menaçante.

Une supercar avec un coffre et cinq places ?

La performance ne se présente plus forcément sous la forme d’un coupé deux places. La BMW M3 Competition Touring le prouve avec une recette longtemps impensable à Munich : 510 ch, une transmission intégrale M xDrive, un 0 à 100 km/h en 3,5 secondes et 500 litres de coffre. Une voiture familiale parfaitement raisonnable, du moins jusqu’au premier virage.

La Bentley Continental GT S pousse la polyvalence encore plus loin. Elle combine le groupe motopropulseur hybride de 680 ch de la GT, le châssis de la Speed et plusieurs éléments de style inspirés de la Supersports. Trois personnalités réunies dans une seule voiture capable d’abattre le 0 à 100 km/h en 3,5 secondes.

Quand les 4×4 défient les sportives

Le Defender Octa est probablement l’une des machines les plus improbables de cette sélection. Avec 635 ch et jusqu’à 800 Nm en mode Dynamic Launch, ses 2,7 tonnes atteignent 100 km/h en quatre secondes. Sa suspension 6D Dynamics lui permet pourtant de conserver de véritables aptitudes hors route. Un véhicule qui refuse tout simplement de choisir entre vitesse et franchissement.

Le Mercedes-AMG G63 poursuit une autre forme de démesure. Son V8 biturbo électrifié développe 585 ch et 850 Nm, tout en conservant les fondamentaux du Classe G : châssis échelle, trois différentiels verrouillables et capacités de franchissement impressionnantes. Un paradoxe automobile devenu, au fil des décennies, une véritable icône.

Face à eux, l’Ineos Grenadier Quartermaster assume une philosophie beaucoup plus traditionnelle. Avec son six cylindres BMW de 286 ch, ses trois différentiels verrouillables et son plateau capable d’accueillir une palette standard, il reste avant tout un outil. Une forme de luxe devenue rare : celle de tenir exactement ses promesses.

Thermique, hybride ou électrique, légère ou massive, coupé deux places ou break familial : la supercar contemporaine n’a plus de définition unique. Et c’est peut-être ce qui rend la période actuelle aussi intéressante. De l’Alpine A110 GTS à la Lamborghini Temerario, toutes poursuivent finalement le même objectif par des chemins radicalement différents : transformer chaque trajet en événement.